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LLN : Graffiti or not graffiti ? Les avis au Conseil communal

Débat intéressant lors du Conseil communal du 29 mai à Ottignies-LLN. Le point était introduit par l’échevin David da Camara. Il proposait au Conseil d’accorder un subside de 15.000 EUR pour que puisent être hébergés des graffeurs professionnels, et qu’ils puissent avoir à disposition du matériel. La réalisation des graffiti aurait lieu entre le 29 juillet et le 4 août 2012 dans le cadre de Kosmoplite Art Tout en collaboration avec un partenariat entre la VILLE D’OTTIGNIES-LOUVAIN-LA-NEUVE, UCL CULTURE, et localement le projet est porté par  la maison des jeunes “Chez zelle“, Les organisateurs sont : Chez Zelle / Laid Back / Farm Prod / Urbana et d’autres partenaires encore tels Lézarts urbains, Stoem, supremebeing, Montana et j’en passe (dont la province , la Communauté française de Belgique …).  Des jeunes et prestigieux artistes locaux et internationaux se produiront. Les graffitiseraient réalisés sur 7 murs de LLN, en accord avec les propriétaires des murs.

A LLN, il y a déjà des tags … enfin, il y a tags (signatures) et tags (graffiti). Par exemple, il y a de magnifiques graffiti dans les deux pertuis qui relient le lac au quartier de l’Hocaille en passant en dessous du Boulevard Oleffe. Dans les pertuis des graffiti avaient  réalisés par les élèves du Lycée Martin V puis les graffiti actuels ont été  réalisés lors d’un stage graff de Chez Zelle qui a eu lieu en 2011. Il y a aussi les panneaux qui ont été peints lors d’un concours sur la place de l’Université, organisé par un kot à projet. Puis il y a les graffiti sur les murs de protection du futur RER, certains sont superbes.

Il y a enfin ceux sur les trains, puis également toutes les « signatures » sur le mobilier urbain : ceux-ci sont indésirables et doivent être punis. Un règlement communal sur les incivilités permet de punir ces actes. Personnellement, je  milite pour qu’il soit possible d’avoir d’autres outils qu’une seule amende financière : il faudrait pouvoir faire réparer les dégâts par des travaux d’intérêt général, comme peut le faire un tribunal. Le tribunal de Nivelles l’a fait il y a peu (http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20120604_00166219 .).

Mais revenons au subside pour les artistes internationaux tagueurs. La minorité, par la voix de Bénédicte Kaisin, une personne intelligente et respectueuse, a dit qu’elle refuserait le subside pour les raisons suivantes

  • promouvoir les graffiti , c’est risquer d’encourager la salissure de la Ville ;
  • des subsides pour des artistes internationaux ne doivent être utilisés que pour un véritable art;
  • il n’est pas nécessaire d’inviter des artistes internationaux, à la rigueur, on pourrait subsidier des jeunes de Ottignies, pour le côté participatif et éducatif.

Je suis intervenu pour discuter les arguments : les graffiti , c’est un nouvel art urbain, qui mérite autant que les autres formes graphiques à être subsidié. Tout nouvel art est d’abord rejeté, mais c’est de l’art et nous pouvons contribuer à le faire (re)connaître. Subsidier des artistes internationaux reconnus, c’est élever le niveau de l’art dans notre Ville. C’est fixer la barre haut pour les graffeurs, comme les champions sportifs sont un exemple pour les sportifs amateurs. Enfin, subsidier des artistes internationaux n’est en rien contradictoire avec un subside ou un soutien à des artistes en herbe locaux, ce que la majorité compte bien faire. D’ailleurs, la participation est déjà effective ! Ce festival est une suite logique de faits et d’actes issus de longues reflexions communes; il est organisé par des jeunes locaux désireux d’embellir leur ville et surtout les pans de betons laissés en latence de nouveaux chantiers; il est le point de départ d’une multitudes de progrès artistiques dans lesquels les jeunes participent activement car ont des postes à responsabilité dans l’organisation de cet évenement.

Contre toute attente, la minorité a persisté dans son refus. Incompréhensible pour moi. Volonté de bien montrer un esprit conservateur et frileux ? Avons-nous bien marqué les différents de projet de société ?

Rencontre des GROEN de Leuven : on a beaucoup de choses à se dire !

Ce 28 mai, nous étions 7 militants Ecolo de la ville de Ottignies-LLN à nous être déplacés au brunch des Groen de Leuven et du Brabant flamand.

Entre eux et nous, l’écologie coule de source. Surtout quand la Dyle passe d’une cité verte francophone à une cité néerlandophone qui veut devenir verte.

Il n’y a pas que la Dyle et le train qui relie les écologises des deux villes, ni l’histoire, fusse-t-elle mouvementée. Il y a les valeurs, la vision du monde, la manière de relever les défis et les projets communs.

Les deux villes universitaires (quelle prémonition : uni(e)-ver(te)-(s/c)itaire(tée) … ) sont en plein développement. Elles ont du succès, et ce succès doit être géré afin que les habitants d’aujourd’hui et des générations futures en profitent. Ci-dessous, quelques défis communs et des engagements que nous voulons relever ensemble.

Le logement :

  •  nos deux villes attirent. Les prix du logement sont dès lors tirés vers le haut. Et au prix du loyer, il faut ajouter le prix de l’énergie de maisons parfois mal isolées. Comme nous nous engageons chacun à garder les personnes à moindre revenus sur le territoire, et à transformer le parc immobilier en un parc de logement bien isolé, nous nous échangerons les bonnes expériences;
  • la ville n’est agréable que si elle offre des espaces publics de qualité, une présence de la nature et un accès facile à des espaces naturels. C’est ce que chacun veut faire dans sa ville.

L’enseignement :

  •  comment mieux connaître l’autre communauté si ce n’est en parlant sa langue ? Dès lors, nous proposons de faciliter les échanges, notamment dans les écoles en immersion, entre les élèves ;
  •  nous organiserons des échanges sur les pratiques pédagogiques.

Les entreprises :

  •  plutôt que de laisser chaque entreprise isolée sur sa parcelle, il faut au contraire les inciter à travailler en synergie, en symbiose industrielle, au sein d’un éco-zoning, les déchets de l’une servant de matières premières aux autres. Nous nous engageons à échanger les expériences de Leuven et d’Ottignies-LLN;
  • plutôt que de les laisser chacune se démener pour gérer la mobilité ; nous voulons chacun par exemple proposer un système de vélos électriques partagés pour pouvoir facilement lier les entreprises aux transports en commun.

La vision :

  • Gérer le territoire, c’est comme gérer un paquebot : comme il tourne doucement, il faut s’y prendre longtemps à l’avance. Ottignies-LLN a une expérience de prospective citoyenne  à l’horizon 2050. Groen a pris connaissance de cette démarche et souhaite s’y inscrire, pour prendre aujourd’hui les bonnes décisions pour aujourd’hui et pour demain;
  • La mobilité doit devenir douce. A Leuven, Groen se bat pour une ville encore plus cyclable, notamment pour l’accessibilité des vélos à la Gare. Ecolo compte s’inspirer de leur combat.

Les écologistes du Nord et du Sud sont enthousiastes à relever ces défis communs, à s’épauler et s’entraider durant la prochaine législature communale.

Les plus fragiles de notre ville

 

La vie ne fait pas toujours de cadeaux. On connait tous des gens méritants qui, un jour, ont eu un coup de guigne. Et quand ce coup arrive sur un fond de fragilité, c’est la dégringolade. Pour diverses raisons, la santé mentale vacille, les assuétudes (alcool, drogue …) sont tentantes, tout cela n’arrange rien. La course folle vers le bas ne s’arrête alors qu’au fond : dans la rue. On devient SDF.

A Louvain-la-Neuve et à la gare d’Ottignies, certains SD y survivent. Certains connaissent « Kofi » avec son ou ses caddies chargés à raz bord. « Mais que font la commune et le CPAS ? » nous demande-t-on parfois. Kofi est bien sûr suivi par le CPAS, mais il préfère la rue. C’est ainsi.

Mais les autres ? Fallait-il interdire la mendicité comme le proposait le MR en début de législature ? Cela aurait été immoral selon nous : stigmatisation des personnes, rejet du problème vers d’autres villes. Autant casser le thermomètre pour ne pas voir que la température monte ! La majorité, et en particulier Monique Minsenga, Jean-Marie Paquay et Claire Thibaut ont voulu offrir un lieu pour que les SDF puissent se poser, voire se reconstruire. Ce fut la création de UTUC, un appartement avec une permanence, soutenu entre autre par la Ville, l’UCL et les habitants. Bravo à tous ces volontaires, qui apportent de l’espoir et de la reconnaissance à ceux qui ont touché le fond.

Mais la nuit, les SDF restaient dehors. En hiver, c’est dur, très dur. Ouvrir un abri de nuit est une nécessité. Qui dit abri de nuit dit permanence, 24h sur 24. Plusieurs travailleurs sociaux doivent être employés. Ceci représente un coût immense pour la Ville d’Ottignies. C’est impayable sans mettre le budget de la Ville en déficit profond.

Pourtant, par grand froid, il n’est plus possible d’hésiter. Cet hiver, la Ville, sur ces deniers, a ouvert un abri de nuit. Comme il n’y en a aucun dans la province, des « non ottintois » y sont venu. Nous les avons accueillis.

La majorité communale veut qu’un abri de nuit permanent, un hôtel social en quelque sorte, soit ouvert en Brabant wallon, et accepte qu’il soit sur son territoire si c’est l’endroit le plus approprié pour les plus fragiles. La valeur de solidarité qui nous anime nous rend déterminés. Comme il s’agit d’un phénomène qui dépasse la capacité de la Ville à le financer (c’est donc principalement la prise en charge des salaires des travailleurs sociaux), nous appelons fermement et fortement la Province à débloquer l’argent pour le faire. Qu’elle n’attende pas le prochain hiver pour mettre ceci en place.

Province, citoyens et citoyennes, la majorité communale est déterminée à se battre pour que chacun, même celui qui a touché le fond, puisse vivre dans un minimum de dignité. Etre sous un toit, au chaud et avec la possibilité de se laver, c’est vraiment le minimum.

Etre conseiller communal de la majorité : pas une sinécure !

NB du 08/12/2013 : cette page de mon blog est actuellement  la plus consultée : environ 1250  vues en novembre 2013. Je serais très intéressé que les lecteurs me donnent leur avis sur ce texte : ont-ils trouvé ce qu’ils cherchaient ? sont-ils d’accord ou pas ?… Le lecteur intéressé pourra également consulter mon livre qui approfondit ce sujet : voir http://hadelindebeer.skynetblogs.be/archive/2012/10/02/le-dessous-des-cartes-du-fonctionnement-democratique-communa.html . Une vidéo est également consultable ici. La plage « commentaires » est là pour vous. M’envoyer un email est également le bienvenu : hadelindebeer@skynet.be. Bonne lecture !

Les élections se préparent et diverses personnes sont contactées ou se présentent spontanément pour être candidat conseiller ou conseillère communal (dans la suite du texte, on utilisera « conseiller » pour l’homme ou la femme). Mais à quoi au juste s’engagent-ils ? Quel est le rôle d’un conseiller communal non membre de l’exécutif[1] ?

De manière générale, le conseiller communal a pour mission de veiller à ce que la commune offre aux citoyens des services qui satisfont leurs besoins et ce, de la manière la plus efficiente possible. Dans cette perspective, il a principalement pour rôle de :

  • donner à l’exécutif les moyens de travailler (vote du budget) ;
  • contrôler l’exécutif, notamment en contrôlant sa méthode de travail (vote des cahiers des charges) et les moyens qu’il utilise (vote des comptes) ;
  •  inciter l’exécutif à mettre en œuvre des actions nouvelles (motions) ou à utiliser des méthodes alternatives.

A ces trois aspects, l’on peut ajouter un quatrième aspect, plus ambigu : la représentation des intérêts de ses électeurs. Certains estiment que le conseiller doit protéger les intérêts du groupe qu’il croit représenter. Ceci est très visible à travers les votes ethniques ou les listes de quartier[2]. Cette conception de la représentation se révèle néfaste dans la mesure où elle substitue des intérêts particuliers à l’intérêt général et où elle privilégie le rapport de force, souvent au détriment des plus faibles. Cette conception a néanmoins le mérite de rappeler que les intérêts sont divers et qu’il faut tous les prendre en considération lors de la prise des décisions.

Enfin, le conseiller peut aussi assumer des tâches d’animation politique. Il est là pour porter la voix des électeurs qui ont approuvé un projet politique. Il est là pour expliquer comment une vision du monde se transforme en actions et, inversement, comment des actions répondent à une vision du monde.

 En conseil communal

 La première façon de porter tous ces rôles se fait en conseil communal. Le tableau ci-dessous présente les rôles de chacun en conseil communal.

Rôle

Majorité

Opposition

Donner des moyens à l’exécutif

Oui

Les conseillers sont sensés voter le budget préparé par le Collège.

Non

La minorité n’est « en principe » par d’accord avec la vision du monde de la majorité, donc refuse qu’elle ait les moyens de la réaliser.

Contrôler l’exécutif

Non[3]

L’exécutif a besoin de travailler dans un climat de confiance, d’être soutenu par sa majorité. Les conseillers sont sensés soutenir l’exécutif, lui faire confiance. Tout « contrôle » peut être perçu comme de la défiance. Surtout si un conseiller d’un parti contrôle un échevin d’un autre parti : cela peut entraîner de la suspicion inter-parti.

Oui

La minorité doit  un peu jouer les trouble-fête et dénoncer les dépenses excessives, les petits abus, ce qu’elle estime être des erreurs de gestion.

Notons qu’on parle d’un contrôle politique surtout et moins d’un contrôle légal ou de corruption, pour lequel d’autres instances existent.

Inciter l’exécutif

Oui, mais

Il peut faire des propositions… dans la mesure où l’échevin en charge du dossier est d’accord. Sinon, l’intervention sera perçue comme une critique de l’échevin.

Oui.

Il doit régulièrement faire des propositions, pour tenter de modifier les actions de la majorité et essayer que les actions correspondent davantage à sa vision du monde.

Représenter des intérêts particuliers

Non sauf si / Oui mais

Non, sauf si l’échevin est d’accord qu’on rappelle que tel groupe n’a pas été oublié.

Oui mais

Dans la mesure où des intérêts particuliers peuvent amener plus facilement à réaliser sa vision du monde.

Animer politiquement

Oui, mais

Oui, si sa parole promeut la vision politique de l’ensemble[4] des partis en majorité.

Oui

Il s’agit de sa fonction principale : exprimer et ré-exprimer qu’une autre vision du monde est non seulement possible mais aussi préférable.[5]

Quitte à être caricatural, pendant les réunions du conseil communal, le rôle d’un conseiller :

·         de la minorité est assez clair : il est là pour exprimer une autre vision du monde, pour proposer des alternatives et refuser les propositions politiques qui ne correspondent pas à son projet. Il est aussi là pour contrôler, le but du contrôle étant de montrer qu’en plus d’avoir une mauvaise vision, l’exécutif fait mal son travail. Bref, qu’aux prochaines élections, choisir la minorité, c’est la garantie de bénéficier de meilleures idées et de meilleurs représentants.  « Tout un programme ! » ;

·         de la majorité est clair aussi, mais nettement moins fourni et moins passionnant: il est là pour soutenir le collège, pour le valoriser, pour expliquer, à sa façon, comment le collège a bien mis en œuvre la vision du monde. Il ne propose quelque chose que si l’exécutif est d’accord. Il connaît ses votes à l’avance : toujours « pour ». Qui a dit « faire valoir » et « presse bouton » ? Il n’a pas même la possibilité d’aider à porter des projets… Tout au plus, certains conseillers, qui ont l’avantage d’être présents dans d’autres exécutifs (ASBL communales, intercommunales…) peuvent-ils évoquer le déroulement de leur mandat en conseil. Par conséquent, il ne faut pas espérer avoir souvent les honneurs de la presse[6].

Le reste du temps

Une question se pose : un conseiller ne peut-il pas aider l’exécutif ? Ne peut-il pas aider un échevin à monter un dossier, par exemple ? Examinons ceci en ajoutant une ligne au tableau…

Rôle

Majorité

Opposition

Aider un membre du collège

Non,

C’est, en principe, partiellement possible, mais, en pratique, irréalisable, voire non souhaitable, car :

·      le temps de réaction d’un conseiller n’est pas le même que celui d’un échevin et les dossiers ne peuvent attendre ;

·      un conseiller ne peut donner d’ordre à l’administration, ce qui le prive d’outils essentiels pour travailler convenablement ;

·      qui dit travail sur le même sujet dit possibilité de visions différentes, donc de conflit (pas deux coqs sur un même tas de fumier…).

Non

La minorité n’est, « en principe », par d’accord avec la vision du monde de la majorité et, donc, refuse d’aider le collège[7]. Ceci peut cependant être nuancé[8].

Autrement dit, il est préférable que le conseiller n’essaie pas d’agir sur le même terrain que les échevins.

Néanmoins le conseiller communal peut jouer un autre rôle. Ce rôle n’est cependant ni énorme ni facile.

L’un des aspects les plus importants de ce rôle consiste à permettre au collège de prendre du recul. Le conseiller le remplit en participant aux différentes réunions de préparation[9] et en donnant son point de vue lors de l’analyse politique des dossiers ou des situations. Par des réflexions, la mise en évidence de signaux faibles, des témoignages, des analyses, etc., le conseiller aider le collège à « lever la tête du guidon » et à « voir les choses » différemment. Il peut aussi  lui proposer/suggérer des alternatives.

En dehors des réunions de préparation, le conseiller peut également organiser/participer à des mises au vert. Ces rencontres permettent d’envisager la gestion communale à plus long terme. C’est à cette occasion que l’on peut revisiter les objectifs et les plans d’actions. C’est là aussi que le conseiller peut encourager le collège à tenir compte de l’un ou l’autre aspect qui lui tient à cœur. Néanmoins, cette démarche requiert la plus grande prudence. En effet, le conseiller doit veiller à soutenir d’abord le programme de la majorité, puis le programme de son parti[10]. Mais tout n’y est pas dit et de nouveaux aspects apparaissent souvent en cours de mandature. Concrètement, le conseiller peut découvrir qu’il est possible de réaliser tel objectif de manière plus environnementale, tel autre de manière plus sociale… Dans ce cas, le conseiller peut rédiger une petite note, la soumettre au groupe des conseillers du parti[11] et, si celui-ci est d’accord, la proposer au groupe de la majorité[12].

Un autre aspect de ce rôle consiste à contribuer au bon fonctionnement du groupe de conseillers de la majorité. C’est un groupe humain, qui nécessite d’être géré comme tout groupe humain, afin qu’il puisse se construire, se nourrir et vivre. Le conseiller est un pion central et peut, par exemple, proposer des sujets de réflexion/discussion ou des activités : rencontre, balade, mise au vert.

Et c’est probablement en dehors de l’aspect purement lié au fonctionnement de l’administration communale que le conseiller peut être le plus efficace. En effet, il sera sollicité pour représenter la commune dans des intercommunales, des asbl etc. C’est là qu’il pourra proposer de nouvelles idées, et s’il est administrateur, veiller à ce qu’elles s’appliquent. Mais, pour exaltant que cela puisse paraitre, il faut se souvenir que ce sont souvent des dossiers techniques, que les budgets manquent, qu’il y a d’autres administrateurs qui n’ont pas nécessairement la même idée de ce qu’il faut faire … Mais cela, c’est comme partout, c’est de la politique.

Notez aussi que les premières années sont nécessaires pour apprendre le fonctionnement de tout ce qui entoure la fonction de conseiller.

« Exister » en tant que conseiller communal de la majorité

Pour rendre plus motivant son mandat, le conseiller communal de la majorité doit jouer finement et peut donc :

·         monter des projets que le collège ne compte pas monter lui-même, ce qui n’est pas aisé (il faut d’abord pouvoir  trouver un tel projet, puis être en mesure de le  gérer);

·         écrire des articles pour le bulletin communal;

·         proposer des procédures, des dossiers, (ce faisant, le conseiller peut se sentir reconnu comme un élément positif du système « majorité »).

 

On peut conclure de ce qui précède qu’un conseiller de la majorité doit être une personne positive, qui valorise le collège, aide celui-ci à prendre du recul, en donnant son point de vue, et aide à faire fonctionner le groupe des conseillers de la majorité. Il produit donc peu de résultats concrets, sauf s’il gère un dossier dont ne s’occupent ni le collège, ni l’administration ou s’il s’investit dans des mandats dérivés. Il peut également faire de l’animation politique[13], avec plus de légitimité qu’un autre militant de son parti.


[1] le collège.

[2] Sur le territoire d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, on a connu une liste LLN, dont la philosophie était: « I want my money back »,

[3] On parle ici d’un exécutif qui fonctionne normalement (rationnellement, honnêtement…).

[4] Ce papier n’explore pas les nuances : il ne s’agit pas de se situer toujours au plus petit commun dénominateur, mais d’être suffisamment consensuel et de laisser la place à des nuances qui ne paraissent pas rédhibitoires.

[5] On pare ici des dossiers politiques, pas des dossiers purement techniques, sans vision politique, que la minorité vote positivement. Ces dossiers font la majorité des points du Conseil, mais sont très rapidement passés.

[6] La plupart du temps, quel que soit le sujet, quand le conseiller de la majorité s’exprime en conseil, ses propos ne sont pas repris dans la presse. La presse retient surtout les passes d’armes et reprend les mots des échevins, qui sont généralement plus précis que ceux des conseillers.

[7] Ici encore, ce papier manque de nuance. On voit souvent des unions sacrées « pour la commune » « contre un ennemi extérieur ». Par ennemis extérieurs, on entend, par exemple, d’autres communes, en compétition pour obtenir des subsides, un centre sportif, des policiers…

[8] Un conseiller de la minorité peut parfois aider un échevin en proposant une solution ou un projet. C’est rare, mais ça ne doit pas être exclu quand la démocratie fonctionne bien et que les rapports humains sont bons. Cela peut être un gage de bonne intégration et de future participation du groupe de la minorité…

[9] A OLLN, la réunion de préparation du conseil (appelée « Calli ») rassemble la majorité entre la date de réception de l’ordre du jour du conseil et celle de la réunion du conseil. L’ordre du jour étant bouclé et les dossiers étant déjà en consultation, les conseillers n’ont plus d’influence sur les dossiers. Ils peuvent néanmoins encore influencer la présentation qui en sera faite.

[10] Il faut d’abord  soutenir ce que les membres de son parti veulent. Mais ce dernier point est un peu théorique, car « les membres » sont en général très peu au fait des affaires communales.

[11] A OLLN, les conseillers Ecolo se concertent environ tous les mois en réunion qui porte le nom de « G11 ».

[12] A OLLN, c’est le Calli

[13] Aller à la rencontre, faire remonter des préoccupations, organiser des réunions, participer à la vie locale…

 

Le voile à l’école

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Il n’est pas question ici de parler de toutes les femmes qui portent le voile. Nous parlerons juste de celles entre 12 et 17 ans, habitant Anvers, Bruxelles ou d’autres villes avec une présence nord-africaine ou turque importante, et y fréquentant les écoles.

 

Baladez-vous dans Bruxelles là où les jeunes filles vivent ou se rendent. Elles ont un voile certes. Mais elles sont par ailleurs très maquillées et portent des vêtements très à la mode, voire sexy. Elles discutent, rigolent, font du shoping …. Dans ce contexte ces jeunes filles se sentent-elles brimées par une culture ou religion qui leur imposerait le voile ? Penser ainsi aurait autant de pertinence que de dire que les jeunes belges de souche sont malheureux d’être soumis à l’impérialisme Yankee lorsqu’ils portent un jeans ou, comme le dit Philippe Van Parrijs (Professeur à l’UCL) dans une carte Blanche au journal « Le Soir », que nos femmes sont opprimées par les hommes lorsqu’elles portent des hauts talons ou un soutien-gorge à la piscine.

 

Porter le voile se rapproche plus de phénomènes sociaux tels que les pearcings, les tenues qui découvrent le nombril, les polos avec capuchon, l’uniforme scout … C’est un signe d’appartenance à une tribu, une communauté. Le voile précisément n’est pas principalement, dans le cas de nos jeunes « bruxelloises » issues de l’immigration, un signe de conviction religieuse musulmane. C’est d’abord un signe d’appartenance à la communauté nord-africaine ou turque, dont un des points communs est l’islam. Le voile permet de se sentir bien dans le groupe où l’on partage certaines coutumes, et permet de se sentir protégé des autres groupes externes. Selon Tülay Umay Sociologue, des recherches montrent le voile est une décision individuelle, symbole de voilement de leur intériorité. Le voile dévoile …

 

Encore un point de vue intéressant, celui du sociologue Marc JACQUEMAIN, Dans « la Libre Belgique » du 26 novembre : « les conflits symboliques et identitaires ont une dynamique différente des conflits d’intérêts. L’intérêt est par nature incrémental et cela facilite la négociation : un peu plus de ceci contre un peu moins de cela. Le conflit symbolique est plus difficile à gérer car il met en jeu des notions comme « la patrie”, « la foi”, « l’identité”, « notre mode de vie”. Sur de tels conflits, le compromis est difficile et la tentation du « tout ou rien” est très forte. C’est cela qui se cristallise aujourd’hui autour du « hijab” : stigmatisation insupportable des femmes pour les uns, symbole de liberté pour toutes celles qui choisissent de le porter volontairement. […]. La meilleure façon d’éviter le raidissement identitaire chez « l’autre” est sans doute de le débusquer chez nous-mêmes, dans cette façon que nous avons parfois de confondre les valeurs universelles (comme l’égalité entre hommes et femmes) et les manières contingentes de les exprimer (comme les façons de s’habiller). […] Cette « symétrisation du regard” qui nous invite à nous voir par les yeux de l’autre » aiderait à mieux saisir le sujet !

 

Introduire un signe d’appartenance communautaire à l’école pose problème. En effet, outre l’acquisition de connaissance, l’école a pour but de socialiser les jeunes, c’est-à-dire de les faire adhérer à un socle commun de valeurs, de règles et de comportements. C’est ce socle commun qui permettra de « vivre ensemble en paix ».

 

Permettre au voile d’entrer à l’école, c’est dès lors permettre à des élèves de revendiquer leur appartenance à un groupe particulier. Ceci est contradictoire avec l’objectif d’intégrer tous les jeunes dans la société belge en général. S’y ajoutent d’autres problèmes. Si seulement certaines écoles acceptent le voile, celles-ci vont regrouper beaucoup d’élèves issus de l’immigration nord-africaine et turque. Outre la ségrégation par communauté, il y aura une plus grande emprise de la culture accompagnant cette immigration dont l’islam avec ses bons et moins bons côtés (croyances créationnistes, rôles plus typés de l’homme et de la femme …) Il y aurait une création d’écoles ghetto éloignées des standards majoritairement admis du vivre ensemble. Cela alourdirait l’échec de la socialisation assignée à l’école.

 

A contrario, interdire le voile à l’école pose d’autres problèmes aussi graves. Si certaines écoles interdisent le voile, elles risquent de mettre en œuvre une politique de ségrégation. Si le voile est interdit dans toutes les écoles, des jeunes filles pourraient être interdites d’école par leurs parents, ce qui mettrait l’école dan un double échec de non transmission de connaissance et de non socialisation. Pour la majorité des jeunes filles pour lesquelles le voile est un signe d’appartenance, l’interdiction de le porter ne devrait pas poser de graves problèmes de conscience. Cependant, de mauvaise foi pourrait-on dire, elles invoqueront la liberté religieuse pour donner une justification politiquement correcte à un combat autre, celui de la résistance d’une communauté à se laisser imposer des règles par un groupe majoritaire. A défaut de lire dans les cerveaux, « la société » ne pourra pas dire individuellement quand l’argument religieux est fallacieux et quand il est réel. Impossible de sortir du piège, la société est coincée.

 

Permettre le voile est une mauvaise solution, et l’interdire aussi ! Soupeser chaque solution pour savoir laquelle est la moins mauvaise ne permettra pas de sortir de ce dilemme par le haut. Et il ne faudra pas longtemps pour que le même problème resurgisse, sous une forme légèrement différente.

 

Dans une approche systémique, lorsqu’on constate que « A » et « non-A » sont des solutions chacune problématiques, il est recommandé de quitter le niveau auquel la solution est initialement cherchée pour passer à un niveau supérieur, plus englobant.

 

Nous sommes déjà monté d’un niveau en ne parlant plus de signes convictionnels mais de signes d’appartenances communautaires. Ce n’était pas suffisant. Il faut dépasser l’interdiction /autorisation de signes d’appartenance communautaire.

 

Une première solution est de ne pas viser certains signes d’appartenance communautaire, mais de les refuser tous en imposant un uniforme. Il n’y a pas un groupe qui est plus visé qu’un autre : l’école met tous les jeunes sur le même pied. C’est une socialisation assez « brutale ». Si cette solution était mise en discussion, elle susciterait des oppositions. Pourtant, cette solution a ses avantages : prise de distance par rapport à la mode, sentiment d’appartenance à l’ensemble de la société, réduction de ghettos d’autres types dans d’autres écoles que celles où se porte le voile … L’absence de certains éléments dans l’uniforme (pour les unes le voile, pour les autres le couteau, pour d’autres encore le vêtement chic, cher et à la mode …) serait effectivement et ouvertement assumé comme le prix à payer pour faire partie de la société.

 

Une autre façon de sortir de l’interdiction/autorisation de signes d’appartenance communautaire est, ce qu’on appelle en systémique, la prescription du symptôme. Par exemple, à une personne qui se coupe souvent, il lui sera prescrit de se couper. Cela met la personne dans un paradoxe, l’obligeant à prendre distance et à se repositionner. Si aux jeunes filles revendiquant le port du voile on prescrivait le symptôme ? Si on les obligeait à porter le voile. J’irais un
pas plus loin dans cette logique : toutes les jeunes filles voulant porter le voile doivent, pour être conforme aux enseignements « islamistes »[1], porter une tunique neutre. Et si on veut vraiment aller vite et fort dans le débat de fond, prescrivons le symptôme radical : exigeons la burka.

 

C’est évident, l’idée est décapante. Mais à bien réfléchir, elle fera des anciennes adversaires des nouvelles alliées. Qui croira en effet que ces jeunes filles maquillées et à la mode, parfois même assez sexy, acceptent même la tunique ? Vous pouvez déjà voir les manifestations qu’elles organiseront pour sauver leur liberté … Elles revendiqueront d’appartenir à la société belge multiculturelle, ouverte et tolérante. Ce qu’il fallait obtenir.

 

Les solutions ne se limitent pas aux deux présentées ci-dessus. Celles-ci ont néanmoins le mérite de montrer qu’en se détachant de ses propres convictions, on peut mieux poser le problème et proposer des solutions contenant moins de contradictions internes, des solutions plus élégantes. Espérons que le débat s’enrichisse pour arriver à un vivre ensemble mieux partagé.


[1]  Selon des personnes érudites, le port du voile n’est pas un prescrit de l’islam. Dans ce cas-ci peu importe. L’idée est de prendre l’argument d’autrui, surtout s’il est fallacieux, et de le lui retourner, pour l’obliger à se repositionner.

Une mosquée à LLN, la Baraque

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En octobre 2008, je suis accosté par des habitants voisins. « Hadelin, toi qui tu es conseiller communal et qui habites notre quartier : vas-tu nous défendre contre le projet d’une mosquée à côté de nos maisons ? Peux-tu nous conseiller et nous informer sur les démarches à entreprendre ? ».

Bien sûr, je peux les renseigner sur les démarches à accomplir. Mais je ne me sens pas élu pour défendre les citoyens de « MON » quartier plus que d’autres. Bien plus, je défends les générations futures, d’ici et d’ailleurs.

Et pourquoi serais-je opposé à une mosquée ?  En octobre 2007, des responsables musulmans sont venus me trouver pour que je les conseille dans la construction d’une mosquée écologique. Leur idée est de montrer l’exemple en respectant l’environnement avec une bonne isolation, des matériaux sains, en récupérant les eaux de pluie, … Ils veulent aussi servir de source d’inspiration pour tous les étudiants musulmans étrangers qui, de retour dans leurs pays, pourront propager ces bonnes pratiques. Eux aussi pensent à tous les futurs enfants de la Terre.

Les habitants du quartier, eux, craignent le trafic, la saturation des parkings, le bruit potentiel, la mauvaise intégration paysagère. Ils invoquent la quiétude comme valeur environnementale pour s’opposer au projet. Ils estiment que le quartier accueille, à leur estime plus que d’autres, des établissements qui sont source de nuisances : Esplanade, parc à conteneurs, futur temple protestant. Aux yeux de certains, cette situation diminuerait d’autant la valeur de leurs maisons.

Les habitants ont initié une pétition contre la mosquée. Quelques jours après, l’extrême-droite a distribué un tract toute-boite nauséabond. Le tract reprend quelques éléments de la pétition, basé sur la peur et le rejet de l’autre. Odieux. Cela fait réagir plusieurs habitants qui n’étaient de fait pas opposé au projet, car tout le monde n’a pas la même opinion sur l’installation d’une mosquée.

 

A mon tour, je souhaite prendre position :

  1. Je suis athée, mais au nom du respect de toutes les croyances, je dis « bienvenue à la mosquée », lieu de prière, notamment pour promouvoir le bien dans le monde ;
  2. Notre peur de l’autre et notre crainte qu’il ne sera pas capable de nous respecter crée le terreau de l’extrême-droite. Stop ! Changeons notre point de vue. A de rares exceptions près, tous les humains sont capables de respecter l’autre. Disons-le haut et fort pour barrer les extrémismes ;
  3. En ayant peur de l’autre et de sa capacité à nous respecter, nous allons démarrer le dialogue dans de mauvaises conditions. Soyons positifs et exprimons clairement nos demandes.
  4. La volonté de construire écologiquement montre le souci des responsables musulmans de prendre en compte l’intérêt collectif actuel et à long terme. Puisse chacun s’en inspirer.

 

Reste une autre question: que penser de l’affirmation qu’un quartier, le sien, subit déjà assez de nuisances ? Pourquoi chez nous et pas chez les autres ? Rendons-nous à l’évidence, chaque quartier a quelques équipements collectifs : qui une maison médicale, qui une crèche, qui un centre sportif, qui une école, qui un magasin, qui une églis
e, qui un local scout, qui une salle de quartier … Cela fait des quartiers vivants. Nous avons d’ailleurs choisi d’habiter à LLN car c’est une ville et pas une cité dortoir ! D’évidence, et parce que le plan d’aménagement du site a été longuement réfléchi, c’est assez bien réparti. D’où l’importance de toujours construire en prospective. C’est le sens du développement durable et des réflexions lancées autour d’Ottignies-LLN 2030-2050. Certes, il s’agit d’un équilibre difficile à établir, mais plutôt que le repli sur soi, pourquoi ne pas investir des lieux de débat collectifs. L’association des habitants, la commission communale d’aménagement du territoire ou les conseils consultatifs sont des endroits où on négocie et où on se rend compte que les autres aussi contribuent à l’intérêt collectif et réfléchissent en termes d’avenir.

Un avenir plein d’opportunités

En septembre 2008, je reçois un email d’un concitoyen relatant la grande pollution lumineuse dans laquelle est plongée la Belgique en général et notre commune en particulier. Selon l’auteur de l’email, le sur-éclairage des routes perturbe le développement des grenouilles, la vie des hérissons qui sont pertrurbés la nuit et les insectes qui, s’agglutinant autour les lampes, décalent leur cycle végétatif. A ceci s’ajoute l’impossibilité d’observer un beau ciel. Il mentionne un site un site où l’on  peut se rendre compte de la pollution lumineuse de la <!– /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent: » »; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; font-family: »Times New Roman »; mso-fareast-font-family: »Times New Roman »;}a:link, span.MsoHyperlink {color:blue; text-decoration:underline; text-underline:single;}a:visited, span.MsoHyperlinkFollowed {color:purple; text-decoration:underline; text-underline:single;}@page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;}div.Section1 {page:Section1;}–>commune : http://avex.org.free.fr/cartes-pl/belgique/zoom/ . L’auteur signale qu’en plus de détruire une partie de la nature, la collectivité dépense de l’argent comme dans les golden sixties et que ce n’est pas viable à long terme. En suivant son raisonnement, il faudrait réduire de manière importante l’éclairage des routes et voies publiques.

 D’un autre côté, on s’en doute, beaucoup de citoyens demandent d’avoir des routes bien éclairées car cela rassure. La police elle-même suggère d’emprunter des itinéraires fréquentés et bien éclairés pour rentrer chez soi le soir à LLN. Au Conseil communal de début septembre 2008, une conseillère est intervenue pour demander l’amélioration de l’éclairage d’un parking.

François Terrasson a écrit et animé des séminaires sur la peur de la nature, surtout lorsqu’il fait noir. Il racontait une anecdote : il devait emmener plusieurs personnes dormir seule à la belle étoile. Lors du départ, une personne a parlé tant et plus. Elle a découvert qu’elle parlait pour esquiver le départ. Elle n’est d’ailleurs pas partie. Aujourd’hui, le nombre de personne circulant à pied ou à vélo la nuit sur une route de campagne est dérisoire, pourtant toutes les routes sont éclairées. Si nous redevenions confiant dans la nature, ne serait-il pas possible d’éteindre la majorité des lampes situées dans des zones hors urbaines, au moins à partir de 22 heures par exemple. La nature et notre portefeuille en seraient allégés.

En Ville, où les citoyens se déplacent à pied le soir, laissons les rues éclairées et faisons-le avec des lampes très économes en énergie.

Mais à long terme ? Comment nos enfants feront-ils&nbs
p;? Y aura-il encore suffisamment d’énergie pour alimenter les lampes, et cette énergie sera-t-elle suffisamment bon marché et peu polluante ? Des scientifiques pensent que nous allons dans quelques années être confrontés à une énergie très chère, notamment à cause de la raréfaction progressive du pétrole et du gaz. Depuis 1900 on a toujours extrait du pétrole en quantité croissante. On arrive au moment ou cela va être de plus en plus difficile de l’extraire, de telle sorte qu’on en extraira, mais de moins en moins. Nous sommes arrivés au pic de production de pétrole (voir www.aspo.be ). Comme la demande mondiale va croissant, l’offre ne pouvant satisfaire la demande, les prix vont (encore) grimper en flèche. Sans mesures correctrice, chacun verra son budget énergie grimper, et ce sont les personnes les plus défavorisées qui en souffriront le plus. Eclairer les rues deviendra peut-être un luxe impossible à satisfaire.

J’interviens régulièrement en Conseil communal pour le rappeler, et pour qu’on s’y prépare. Demain sera très agréable à vivre si nous nous y préparons. Eclairer là où il le faut, de manière économe, en pouvant éteindre lorsque ce n’est pas utile, nécessite qu’on investisse aujourd’hui dans un matériel le permettant. Ce sera bénéfique pour la nature et pour notre argent. Le futur, je vous le dis, est plein d’opportunités.