OLLN, élections de 2018 : les habitants du Petit-Ry ont dit…

Suite au travail de porte à porte et de rencontres citoyennes, Anita Rigot, Thomas Leclercq, Marc Vanhoomissen, Philippe Delvaux et moi-même ont récolté les questions et apporté des réponses aux citoyennes et citoyens qu’ils ont rencontrés.

Vous le trouverez ici : Tract_Petit-Ry

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OLLN, élection de 2018 : les habitants des Bruyères et du Biéreau ont dit…

Suite au travail de porte à porte et de rencontres citoyennes, Isabelle Joachim, Alasdair Reid, Pierre Laigneaux, Pierre Laperche, et David da Câmara Gomes ont récolté les questions et apporté des réponses aux citoyennes et citoyens qu’ils ont rencontrés. J’ai contribué à la formalisation du comte-rendu.

Vous le trouverez ici  : BB_2018_V3

OLLN, élection de 2018 : les habitants de Lauzelle ont dit…

Suite au travail de porte à porte, Muriel Hiernaux, Françoise Duthu, Cecilia Torres, Ana Palin, Philippe Delvaux et et moi-même avons récolté les questions et apporté des réponses aux citoyennes et citoyens que nous avons rencontrés.

Vous trouverez ce document ici : Lauzelle_2018_fin

OLLN, élection de 2018 : les habitants de Rofessart ont dit…

Suite au travail de porte à porte et à une réunion, Faustine Wilante, Marie-Frédérique Lorant et moi-même, avec le soutien de Julie Chantry avons récolté les questions et apporté des réponses aux citoyennes et citoyens que nous avons rencontrés.

Rofessart_2018.

 

OLLN, élection de 2018 : les habitants du quartier de la Baraque ont dit…

Après avoir fait du porte à porte en septembre et octobre, Hadelin de Beer et Cecilia Torres ont diffusé le compte-rendu des questions qui leur ont été posées et des réponses  qu’ils ont données.

Le document de 6 pages a été distribué en toutes-boites et est disponible sous forme de PDF : Baraque_2018.

Bonne lecture !

OLLN : lettre ouverte aux habitants du quartier de la Baraque (2012)

J’ai eu la chance de voir (en 2012) près de 85% des habitants du quartier et de les questionner sur leurs opinions par rapport à la gestion de la Ville et du territoire.

Les sujets ont été très diversifiés !

  • La circulation et le parking
  • La propreté
  • La nature
  • L’aménagement du quartier et les travaux
  • La place des étudiants
  • La fidélité (en) politique
  • L’intégration
  • Consumérisme et commerce
  • Culture
  • Divers

 

Chacun peut prendre connaissance des questions, remarques et suggestions qui m’ont été proposées, et des réponses que j’ai tenté d’y apporter, ou que d’autres Ecolos m’ont aidé à y apporter. Très bonne, lecture. Lettre_ouverte_baraque_20120929.pdf

Egalité des chances : une bonne chose ?

« Les citoyens préfèrent l’inégalité lorsqu’il s’agit de protéger les-leurs. »

L’être humain n’a pas toujours rêvé d’égalité ! Au contraire, pendant des siècles l’humain a vécu dans un monde inégalitaire. Il existait l’aristocratie, le clergé, la bourgeoisie et la paysannerie : on était né dans une caste, on y restait et c’était accepté, comme si la liberté était devant Dieu, mais que l’inégalité était acceptée entre les humains. Il n’y avait aucune mobilité sociale. C’est encore le cas en Inde par exemple.

Puis sont arrivés les Lumières et les ennuis ont commencé ! Avec leur déclaration de « libres et égaux » entre nous, les inégalités sont devenues illégitimes, ou devaient être justifiées. Plus question de garder le principe de castes imperméables.

Par contre, la déclaration d’égalité ne s’est pas instantanément traduit par un « uniformisme » social. Il restait forcément des différences sociales qui ont été acceptées : les classes sociales qui ont été déterminées par le rapport au travail : je suis ouvrier, je suis employé, je suis bourgeois. Ces classes (inégalitaires) ont été acceptées aussi parce qu’elles permettaient une identité de classe : je suis (ouvrier), je m’habille d’une certaine façon, je m’amuse d’une certaine façon… bref j’appartiens à un groupe dans lequel je me sens bien. « Se sentir bien dans une classe sociale » n’est néanmoins pas suffisant pour accepter le principe d’existence de classe : les humains acceptent les inégalités de classepour autant qu’avec le temps elles se réduisent ! Ce travail pour la réduction des inégalités de position (ou positivement exprimé en « égalité des places ») a structuré un siècle de progrès social, entre 1880 et 1980. Les classes sociales ont également structuré la vie politique.

Le progrès social a été fondé sur deux piliers :

  • La société industrielle, qui a permis à tout le monde de bénéficier de l’accroissement de confort, mais aussi à chacun d’y contribuer en tant que travailleur ;
  • L’Etat nation, qui comportait ses ouvriers mais aussi ses capitalistes, bref un monde qui se sentait inter-relié. Cette conscience d’interrelation a permis d’accepter qu’on se paye tous sans se connaître.

Donc il y avait des inégalités de positions, mais elles se réduisaient et en même temps la situation de tous s’améliorait. En plus, les inégalités étaient vécues comme liées à sa classe sociale : elles n’étaient pas personnellement blessantes, c’était une expérience collective.

Aujourd’hui, ce modèle semble être épuisé. Cet épuisement est venu notamment :

  • par le fait que l’Etat providence est de plus en plus corporatiste. L’emploi étant devenu rare, le nombre d’exclu augmente ;
  • par l’aveuglement, pendant les 30 glorieuses, de toute sortes d’inégalités telles les différences hommes/femmes, les discriminations… A ce moment, on pensait que c’était dans l’ordre des choses. Le paradigme suivant a été accepté : « garde la position de ton père, elle s’améliorera. » Ce paradigme était déterministe et niait la possibilité de mobilité sociale : je suis ouvrier, je ne peux devenir patron, je suis immigré, je ne peux devenir médecin… cet aveuglement a disparu ;
  • par le délitement de la société industrielle et de l’état nation. Le système qui portait l’amélioration des positions n’est plus là. Il n’y a plus de société industrielle nationale, et l’amélioration des positions de tous par le productivisme n’est plus là, et est contesté pour ses impacts environnementaux.

Aujourd’hui, on n’accepte plus d’être catalogué dans une classe, et de « devoir » y rester. Au contraire, on nous bassine les oreilles que si on a le talent et qu’on fait ce qu’il faut, on peut monter, on peut arriver en haut de la pyramide.

Le but de la société serait de donner à chacun l’égalité des chances. L’Etat devrait garantir à chacun des chances égales, notamment un capital de départ identique, et c’est de la responsabilité de chacun de profiter des opportunités et de faire fructifier son capital pour arriver en haut. On est dans la compétition permanente. Sauf pour celui qui arrive tout en haut, la vie est manifestement semée d’embuches… car à la fin on doit bien constater des inégalités. Une ou deux petites inégalités, cela irait, mais les moins bien lotis vivent une séries d’inégalités multiples, sorte d’agrégation d’inégalités fines. Dans le domaine de l’enseignement par exemple, je n’ai pas accès aux bons transports en commun, je ne peux choisir le bon lycée, je ne suis pas dans la bonne filière… Et en plus, ces inégalités se reproduisent d’une génération à l’autre.

Le vécu de l’agrégation d’inégalité est d’autant plus douloureux que, plus on s’affirme égaux, plus les inégalités sont insupportables. On vit donc une exacerbation du sentiment d’inégalité.

L’égalité des chances a occulté le débat sur l’égalité des positions. En effet, ce qui est important aujourd’hui, c’est que chacun ait droit à accéder à toutes les places, aussi inégales soient-elles. Qu’il y ait une différence de 900 entre le salaire annuel d’un PDG et d’où ouvrier n’est pas grave, du moment que le fils de l’émigré ait une chance d’y arriver ! le summum est la mobilité sociale en fonction du mérite.

Oui mais justement, il y a très peu de … femmes/immigrés/… aux plus hauts postes. Donc on va faire des politiques de discrimination pour qu’elles/ils puisent y arriver. Pour celle ou celui qui y arrive, c’est très bien, mais pour toutes celles et ceux qui n’arrivent pas tout en haut – car définir un tout en haut, c’est forcément imposer à d’autres d’être tout en bas – c’est culpabilisant. Ceux-ci le vivent comme un échec de leur responsabilité.

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Le discours exclusif sur l’égalité des chances comporte plusieurs inconvénients :

  • il justifie les inégalités de position, comme vu ci-dessus ;
  • il culpabilise les individus qui seraient responsable de ce qui leur arrive ;
  • il sacralise le mérite. Or le mérite est tout sauf clair. Est-ce ma position de PDG est due à mon seul mérite quand on sait que mes parents étaient PDG, m’ont payé les meilleures études, les meilleurs cours privés, m’ont fait rencontré mes pairs… Qu’est-ce qui est dû à moi, qu’est-ce qui est dû au contexte ?
  • il n’a pas donné les résultats attendus, dans le sens qu’en pratique, il y a très peu de mobilité sociale et une plus grande inégalité de position.

Bien plus, l’égalité des chances a amené l’extrême droite. En effet, tous ceux et celles qui ne sont pas arrivés très haut dans la grande compétition de tous contre tous, sont meurtris et dévalorisés. En quelque sorte, ils ont symboliquement régressé parce que des personnes de la classe du dessous peuvent passer au-dessus : même si on reste à la même place, on a l’impression de passer en dessous. Or on sait que l’impression de régression est une expérience très douloureuse pour l’humain. Pour échapper au mépris de soi, on le transforme en haine des autres. Je hais tous ceux (les émigrés) qui pourraient passer au-dessus de moi, et par extension me prendre quelque chose. L’adversaire, ce sont tous les autres avec qui je pourrais être en concurrence réelle ou symbolique.

Que faire pour une société juste et qui fonctionne, notamment dans le cadre du travail ?

  • Faut-il bannir le mérite ? Non, ce serait inacceptable que les postes et l’avancement ne tiennent en aucun compte du mérite. On n’ira pas chez un médecin parce qu’il est « X » et qu’il fallait un quota de « X ». Il faut donc garder le mérite. Mais il ne faut pas l’hypertrophier.
  • Il faut aussi de l’égalité. Pas seulement « à travail égal, salaire égal ». Il faut aussi que les tensions salariales entre le haut et le bas soient faibles.
  • Et enfin il faut de l’autonomie. Personne ne doit être considéré comme une simple machine obéissante.

Ces tris caractéristiques sont contradictoires entre elles, il faut savoir les gérer, les équilibrer.

Texte rédigé par Hadelin de Beer, à partir d’une conférence de François Dubet pour le réseau « égalité », dans le cadre des 20 ans du Plan de Cohésion Sociale d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, le 11/09/2018